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À toutes les écoles gouvernementales qui existaient en Égypte
vers le milieu du XIXème siècle, il faut ajouter une multitude
d'écoles privées fondées par des membres de la famille
régnante ou par des congrégations religieuses venues d'Occident.
Les premières écoles religieuses furent fondées en
1844 à Alexandrie par les religieuses de Saint-Vincent-de-Paul et
en 1845 par les soeurs du Bon Pasteur d'Angers au Caire.
Les écoles catholiques d'Égypte, notamment celles des Frères
des Écoles Chrétiennes de Saint Jean Baptiste de la Salle,
enseignent toutes la langue française et sont des instruments précieux
de la francophonie.
En 1847, les Frères des Écoles Chrétiennes ouvrirent
le Collège Sainte-Catherine à Alexandrie, puis une école
gratuite.
A la demande du vicaire apostolique latin d'Égypte et délégué
apostolique d'Égypte et d'Arabie, Mgr. Perpetuo Guasco, les Frères
étaient arrivés au mois de juin 1847 à Alexandrie.
Le 1er juillet de la même année, ils ouvrirent trois classes
dans des locaux prêtés par les Pères Lazaristes dans
la rue des Soeurs (El Sabaa Banat) à Menchieh avec, tout au début,
120 élèves. En 1852, cette première école fut
transférée dans les nouveaux bâtiments du Collège
Sainte Catherine. Cette première oeuvre des Frères en Égypte
fut menée à bien par le Frère Gervais-Marie (1879-1893),
une nature ardente et une âme apostolique.<
Par la suite, en 1880, le Frère Gervais-Marie acheta le palais Bahari,
rue Ramleh à Alexandrie pour y ouvrir des classes gratuites. La
fondation de ces écoles gratuites fut la partie la plus belle et
la plus émouvante de l'oeuvre de ce Frère pour qui l'amour
des enfants et des plus pauvres fut la trame constante de sa vie.
Ainsi, dans la rue Ramleh d'Alexandrie, le Frère avait acquis un
palais abandonné de Bahari. Il l'aménagea rapidement et le
3 février 1880 il ouvrit les portes de son école gratuite
aux élèves qui, en quelques mois, avaient atteint le chiffre
de 272. Mais le 17 mai 1887, à 4 heures du matin, cette école
gratuite fut la proie des flammes.
Les annales des Frères racontent au sujet du Frère Gervais-Marie:
"L'indomptable Frère Gervais ne se laisse pas déconcerter.
Le matin même du sinistre rien ne fut changé au règlement
de l'école". A 7 heures 30 du matin les élèves assistèrent
à la messe et le Frère entonna ce cantique: "Je mets ma confiance,
Vierge en votre secours". Les classes continuèrent dans des abris
de fortune sans un seul jour de chômage et sans qu'un seul élève
ne fut congédié. La reconstruction de cette première
école gratuite fut décidée immédiatement et
les travaux commencèrent aussitôt.